A project collaboration between three spatially and artistically separated parts, each as a stand-alone piece - music, words and image - which can all tell their own story, but make sense as a whole. Meeting in a place that we can not see or feel. Talking to one-selves with each other. Exploring the days we live, the routine that we know and have to adapt.
Music | EmotionallyAbsentmindedConsideration
https://emoabcon.bandcamp.com
Poetry + Voice | Ève Landry
http://lesfaussesverites.com
Visuals | Nanne Springer + Frédéric Arthur Chabot
https://www.nannespringer.com
http://fredericarthurchabot.com
Texte d'Ève Landry, Translated to English by the author:
"Allô.
Je ne peux pas vous répondre pour le moment. Laissez-moi un message et je vous rappellerai dans les plus brefs délais.
Please leave a message and I will call you back as soon as possible. Thank you!
Si tu as des réponses qui traînent, moi j’avais, quelques questions dans les poches. C’est pas pressant.
Mais.
À quelle heure arrive le bon moment?
Aujourd’hui, je n’ai rien fait.
Je n’ai pas soulevé de montagne.
Je n’ai pas planté de fleurs dans mes tresses pour y cultiver un décor plus grand que nature.
Mais, je me suis enracinée dans le divan.
Et j’aurais voulu le faire avec toi.
Ne pas bouger ensemble.
Ne pas se toucher ensemble.
Ne pas suivre le rythme du monde.
Ensemble
Vous avez quatre messages sauvegardés.
J’ai quatre messages sauvegardés. Ça fait beaucoup de souvenirs à ne pas oublier.
Des rendez-vous. Des mots d’amours. Ça m’évite de cultiver des mauvaises herbes dans la tête.
On jardinera ensemble.
On se lancera des fleurs.
On se mettra les pieds dans les pots.
Message sauvegardé
J’ai peur du jour où le son cessera.
Je pèserai sur Play.
Deuxième message sauvegardé
Goodnight.
I mean.
Good morning. I mean.
Bon matin. J’ai rêvé à toi, tu dormais dans ma tête. Et.
Penses-tu à moi dans le silence?
Ça fait longtemps
J’ai cru que j’aurais quelque chose à dire.
Mais je t’appelle juste.
Pour parler de rien.
Ça fait longtemps.
Notre jardin a fini de grandir.
C’est une idée que j’ai.
On arrache nos racines.
Pour se les planter dans le cœur.
Et quand l’hiver nous passera sur le corps.
Nous aurons encore un endroit où fleurir.
Message supprimé. C’était le dernier de vos message sauvegardé."